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Dans le magazine Artistes de Juillet Dany explique son approche des paysages marins , Dossier : « Comment peindre la mer » pages 32,33,34, 35,
Dans le magazine Artistes de Juillet Dany explique son approche des paysages marins ,
Dossier : « Comment peindre la mer » pages 32,33,34, 35,
page 32 Tout savoir sur le paysage de bord de mer peint à l’huile
page 32 Tout savoir sur le paysage de bord de mer peint à l’huile

page 32 Dans ses infinies variations, la mer offre au peintre la plus grande liberté à condition d’en observer patiemment chaque nuance, mouvement et forme que la...
page 32 Dans ses infinies variations, la mer offre au peintre la plus grande liberté à condition d’en observer patiemment chaque nuance, mouvement et forme que la technique de la peinture à l’huile, faite d’incessants allers et retours, est la plus à même de saisir.

Dany Wattier, artiste et professeur de peinture à l’atelier « Aux 2 pigeonniers » à Rignac dans le Lot

Des flots houleux de la Normandie aux rivages éclatants de la Méditerranée, la mer est en perpétuel mouvement, promise à la marée, au passage d’un nuage, à l’arrivée d’un bateau. Changeante, elle offre aux artistes une infinité de motifs que la technique de la peinture à l’huile, faite d’incessants allers et retours, est la plus à même de saisir. « Devant la mer, tout est possible, s’enthousiasme Dany Wattier, artiste et professeur de peinture à l’atelier “Aux 2 pigeonniers” à Rignac, dans le Lot, près de Rocamadour. Inutile de vouloir la représenter de façon rigide et formelle, à un instant donné, elle donne au peintre la plus grande liberté. Personne ne lui contestera la nuance d’une vague ou la forme d’un reflet. Peindre un paysage de bord de mer revient à travailler dans l’évocation et la suggestion, faire en somme de l’art quasi abstrait. »

page 32 Un corps-à-corps avec le paysage La mer est exigeante, complexe. A mesure que ses flots avancent ou reculent, au gré des variations de lumière, elle s’offre...
page 32 Un corps-à-corps avec le paysage
La mer est exigeante, complexe. A mesure que ses flots avancent ou reculent, au gré des variations de lumière, elle s’offre sans cesse sous un nouveau jour. Aussi le peintre doit-il l’observer avec la plus grande attention s’il souhaite la saisir sur la toile. « Puisque le rôle du peintre est de donner à voir ce qui échappe aux autres, la plus grande difficulté pour peindre un bord de mer tient à la connaissance même du paysage marin. L’artiste doit s’imprégner de l’atmosphère, examiner les flots, scruter les nuances, faire véritablement corps avec le paysage.» A la manière des impressionnistes, il convient alors de quitter l’atelier et troquer le pinceau pour le crayon, afin de s’atteler à un croquis sur le motif et d’esquisser la forme des rochers, le mouvement des vagues, le scintillement de la lumière sur l’eau, le reflet d’une colline. « Ce travail doit être mené des heures durant afin d’obtenir des bases solides et constitue l’étape précédant l’exécution à l’atelier, détaille Dany Wattier. En effet, travailler à l’huile directement sur le motif demande une expérience. Il faut aller extrêmement vite car le soleil tourne… Il m’est arrivé de commencer une toile dans le brouillard et de la terminer sous le soleil ! Aussi, une photographie du paysage fera parfaitement l’affaire une fois de retour à l’atelier, même si elle ne saisit pas réellement les nuances, l’atmosphère, l’ambiance lumineuse et l’éclat original du site. »

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pages 34 et 35 Un terrain de jeu pictural Dans ses infinies variations, la mer est pour l’artiste l’occasion d’améliorer sa technique. Devant elle, il peut déployer une...
pages 34 et 35 Un terrain de jeu pictural
Dans ses infinies variations, la mer est pour l’artiste l’occasion d’améliorer sa technique. Devant elle, il peut déployer une palette extrêmement vaste de bleu outremer, de terre d'ombre brûlée, et jouer de nuances infinies variant au gré des clairs-obscurs. Il y travaille également le rendu des matières, usant de l’empâtement pour traduire l’apprêté des rochers, et de la fluidité de l’huile diluée pour saisir la transparence de l’onde. « Peindre un paysage de bord de mer est un excellent entraînement, explique Dany Wattier. Il suppose de maîtriser le mouvement et certains phénomènes d’optique comme les reflets dans l’eau qui s’obtiennent par un “effet diabolo”. La symétrie parfaite de l’objet dédoublé dans les flots se conquière à force de travail et nécessite l’apprentissage de la perspective. » De plus, ces techniques demandent sans cesse à être réviser. Celles que le peintre pensait acquises peuvent être chamboulées d’un paysage à l’autre. « Familier des rivages bretons, j’ai pour ma part des difficultés à saisir la côte méditerranéenne qui présente une luminosité et des couleurs fondamentalement différentes. »


pages 34 et 35 Un art de la métamorphose Les incessantes métamorphoses de la mer sont pour le peintre autant d’ajouts et de corrections à apporter à la toile. Parvenir à...
pages 34 et 35 Un art de la métamorphose
Les incessantes métamorphoses de la mer sont pour le peintre autant d’ajouts et de corrections à apporter à la toile. Parvenir à saisir le paysage en quelques coups de pinceau hâtivement appliqués devient alors impossible. La mer mérite d’être travaillée en nuances et en formes. « On voit se profiler la forme des vagues, l’incidence de la lumière à mesure que l’on avance dans le tableau », remarque Dany Wattier. De ce point de vue, l’huile, très souple, est particulièrement adaptée au sujet. Intermédiaire entre l’acrylique et l’aquarelle, l’huile permet aussi bien d’œuvrer rapidement sur le motif que d’élaborer patiemment son paysage à l’atelier. « Une peinture à l’huile peut être retravaillée à l’infini, sur plusieurs années, et peut même être effacée d’un coup de chiffon imbibé d’essence de térébenthine ! » Le temps de séchage maîtrisable de l’huile (plus elle est diluée, plus elle s’oxyde ( se fige)rapidement) permet de travailler aussi bien en surface que pleinement dans la matière et cela en plusieurs étapes. En effet, au contraire de l’acrylique avec laquelle les couches de peinture se superposent sans se mêler, l’huile instaure un dialogue entre les strates. « Avec la technique du glacis, il est possible de superposer des couches d’huile tout en travaillant en transparence. Lorsque je peins au-dessus d’un rouge un glacis bleu, j’obtiens en transparence un rougeoiement plus complexe et intense, très à même d’illustrer le soleil se couchant sur les flots… »